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Lieu · brève

Le temple de Philae

Un sanctuaire d’Isis construit et agrandi pendant les périodes ptolémaïque et romaine, dont les monuments ont été transportés de l’île de Philae à celle d’Agilkia pour échapper aux eaux des barrages d’Assouan.

environ 2 minutes de lecture. Mis à jour le 1er novembre 2026.

Lieu
île d’Agilkia, près d’Assouan
Divinité principale
Isis
Classement
patrimoine mondial UNESCO, 1979, bien n° 88
Salle à colonnes sombres éclairée par en dessous, au sol de bois ; des portes alignées s'ouvrent l'une derrière l'autre jusqu'au fond de la perspective.
Une salle à colonnes du temple de Philae, éclairée de nuit, de porte en porte vers le sanctuaire. Photo : Nicolas Guelle, Égypte, février 2023.

En bref

Le temple que l’on appelle « Philae » ne se trouve plus sur l’île où il a été construit. Il occupe aujourd’hui l’île d’Agilkia, près d’Assouan. Cette transplantation permet de lire deux histoires à la fois : celle d’un sanctuaire consacré à Isis, encore actif longtemps après la fin des pharaons, et celle de son sauvetage au XXe siècle.

Le complexe réunit des édifices majoritairement ptolémaïques et romains. Le grand temple d’Isis fut commencé sous Ptolémée II Philadelphe, au IIIe siècle avant notre ère. À proximité subsistent un temple d’Hathor, lié aux règnes de Ptolémée VI et d’Auguste, et le kiosque attribué à l’époque de Trajan, dont les colonnes portent une structure désormais privée de toiture. Les reliefs montrent notamment le souverain faisant des offrandes aux divinités.

Kiosque carré aux hautes colonnes à chapiteaux végétaux, sans toiture, sous un ciel bleu ; le soleil passe entre les colonnes et des visiteurs marchent au pied.
Le kiosque dit de Trajan, à Philae. Photo : Nicolas Guelle, Égypte, février 2023.

La longue activité du sanctuaire se lit dans ses inscriptions : celle du prêtre Esmet-Akhom, datée de 394 de notre ère, est présentée par le ministère égyptien comme la dernière inscription hiéroglyphique datée connue. Le culte perdura jusqu’à l’époque de Justinien, au VIe siècle, avant la fermeture des temples païens et la transformation d’une partie du site en église. Il serait pourtant imprudent de réduire cette mutation à un jour de fermeture incontesté.

Menacés par les eaux des barrages, les bâtiments furent démontés puis reconstruits à Agilkia dans le cadre de la campagne internationale de l’UNESCO ; celle-ci situe l’opération entre 1972 et 1979. Philae appartient depuis 1979 au bien mondial « Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae ».

Pour aller plus loin

Sources