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Œuvre · brève

La tour de Babel

En 1563, Pieter Bruegel l’Ancien peint une tour immense au milieu d’un chantier minutieusement décrit. Conservée à Vienne, cette Babel confronte la démesure de l’édifice au travail de ceux qui le construisent.

environ 3 minutes de lecture. Mis à jour le 31 octobre 2026.

Auteur
Pieter Bruegel l’Ancien
Date
1563
Technique
huile sur bois (chêne)
Dimensions
114,4 × 155,5 cm (hauteur × largeur)
Lieu
Kunsthistorisches Museum, Vienne
Inventaire
GG 1026
Une tour circulaire inachevée aux multiples arcades domine une ville et un port ; au premier plan à gauche, un souverain et sa suite font face à des tailleurs de pierre.
La version de Vienne permet de comparer l’immensité de la tour aux ouvriers et à la ville qui l’entourent. Pieter Bruegel l’Ancien, 1563 ; Kunsthistorisches Museum, Vienne. Reproduction Google Art Project. Domaine public, via Wikimedia Commons.

En bref

La Tour de Babel, peinte en 1563 par Pieter Bruegel l’Ancien, est conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Cette huile sur chêne mesure 114,4 × 155,5 centimètres. Une tour colossale domine une ville portuaire ; face à elle, maisons, bateaux et personnages donnent la mesure de son immensité.

Le chantier reste ouvert au regard. Des arcades entourent des parties encore inachevées ; grues, échafaudages et matériaux révèlent les moyens de construction. Au premier plan à gauche, des tailleurs de pierre s’inclinent devant Nemrod et sa suite. Ce roi n’est pas nommé dans la Genèse : la légende qui l’associe à la tour vient de l’historien juif Flavius Josèphe, au Ier siècle.

La peinture reprend le récit biblique d’une entreprise interrompue par la confusion des langues. Deux lectures de l’édifice sont proposées. Pour Cäcilia Bischoff, dans le guide du musée de Vienne, la déformation de l’édifice annonce l’impossibilité de l’achever et renvoie à l’orgueil humain. L’historienne Barbara A. Kaminska insiste au contraire sur la coopération des ouvriers : elle propose d’y lire une réflexion sur les conditions d’une communauté prospère, en relation avec l’Anvers du XVIe siècle.

Selon la notice du musée de Vienne, le tableau est documenté en 1566 chez le collectionneur anversois Niclaes Jonghelinck ; il serait ensuite passé, probablement par la ville d’Anvers, dans les collections de l’empereur Rodolphe II. Cette provenance ne suffit pas, à elle seule, à établir les circonstances de sa commande.

Une autre version, plus petite, est conservée au musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam. Son musée la date vers 1568 ; elle constitue une composition distincte, non un détail de celle de Vienne.

Pour aller plus loin

Sources